Les principaux paramètres physico-chimiques de l'eau

Le taux d'oxygène

L’oxygène dissous favorise de nombreux processus chimiques et biologiques qui se produisent dans les plans d’eau (respiration, décomposition de la matière organique, photosynthèse, conversion chimique). Il est un indicateur de performance biologique.

Des taux inférieurs à 4 mg/L sont en général insuffisants pour la survie de la plupart des organismes et des valeurs de 5 à 10 mg/L sont généralement rencontrées dans les plans d’eau. En % de saturation, on considère que des valeurs < 60% sont faibles, acceptables entre 60 et 80%, excellentes entre 80 et 125% et dangereuses pour les poissons au-delà.


Le pH

C’est le potentiel lié à l’activité des ions H+ qui donne le degré d’acidité ou d’alcalinité d’une eau.
Ce paramètre régit les équilibres chimiques et biologiques dans l’eau. La majorité des organismes aquatiques (faune, flore) ont besoin d’un pH compris entre 6 et 9.
Des eaux acidifiées (pollution industrielle des eaux environnantes ou de l’air via les pluies acides…) peuvent avoir un pH acide (<7) alors que les eaux calcaires fortement minéralisées ont plutôt un pH basique (> 7).


Le potentiel d'Oxydo-Réduction

Le potentiel mesuré par un couple d’électrodes représente le pouvoir oxydant ou réducteur d’un système à un pH donné.
Ce paramètre est directement lié à la présence d’oxygène dans le milieu et permet de caractériser le degré de septicité d’une eau. Un potentiel inférieur ou négatif caractérise un milieu réducteur (fermentations putrides, présence de réducteurs chimiques).
Un potentiel supérieur à 300 mV révèle un milieu oxydant anormal et un potentiel inférieur à 10 mV révèle une eau nauséabonde. La septicité de l’eau conduit à la formation de sulfures, d’ions ammoniums à l’origine de mauvaises odeurs (H2S, NH3).


Azote Kjeldhal

C’est la forme réduite de l’azote qui inclut l’azote organique provenant des déchets métaboliques (protéines, urée…) et l’azote ammoniacal qui est formé par ammonification des composés organiques azotés. La présence d’azote Kjeldhal en quantité supérieure à 6 mg/L dans les plans d’eau indique une forte probabilité de présence de composés organosoufrés susceptible de libérer de l’H2S à l’origine de mauvaises odeurs.
Des valeurs inférieures à 4 mg/L sont recommandées mais des valeurs supérieures à 1 ou 2 mg/L sont suffisantes pour le démarrage de phénomènes d’eutrophisation.
Des valeurs sont supérieures à 30 mg/L indiquent une forte pollution (type eau usée).


Conductivité

Ce paramètre global exprimé en μS/cm mesuré par une sonde conductimétrique fournit une indication sur la concentration en sels dissous dans l’eau exprimée en mg/L.
Des valeurs comprises entre 300 et 800 μS/cm sont fréquemment rencontrées dans les eaux naturelles calcaires.
En France, 90% des eaux de surface ont une conductivité inférieure à 1000 μS/cm et une situation est jugée anormale au delà de 2000 μS/cm.


DBO5

Demande Biologique en Oxygène à 5 jours. Elle représente la pollution (essentiellement organique) biodégradable. Sa détermination implique la détermination de la quantité d’oxygène dissous consommé par les micro-organismes pour l’oxydation biochimique de la matière organique.
Des valeurs inférieures à 3 et 5 mg/L témoignent respectivement d’une qualité jugée «excellente » ou « bonne » alors que des valeurs supérieures témoignent d’une pollution nette à importante (> 10 mg/L) voire très importante (> 25 mg/L).


DCO

Demande Chimique en Oxygène. Elle représente la totalité de la pollution (essentiellement organique) biodégradable et réfractaire à l’activité biologique. Elle inclut tout ce qui peut être oxydé, en particulier certains sels minéraux oxydables (sulfures, sulfites…) et la majeure partie des composés organiques.
Des valeurs inférieures à 20 et 25 mg/L témoignent respectivement d’une qualité jugée «excellente» ou «bonne» alors que des valeurs supérieures témoignent d’une pollution significative (> 40 mg/L) voire très importante (> 80 mg/L).